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Publié le 2026-07-25

« C'est moi, nouveau numéro » : que faire si on vous réclame de l'argent ?


Un proche écrit d'un numéro inconnu et réclame un virement urgent ? Raccrochez mentalement la conversation, rappelez l'ancien numéro, et vérifiez avant d'envoyer un centime.

« Coucou, c'est moi, j'ai cassé mon téléphone, je t'écris avec le numéro d'une amie. » Le message arrive un vendredi soir, ponctué comme sait le faire votre enfant, ou presque : le ton sonne juste, les petites habitudes d'écriture aussi, la façon de finir une phrase. Vous répondez tout de suite, bien sûr. La conversation continue, chaleureuse, familière, sur des banalités qui ne prêtent à aucune méfiance. Puis, au bout de quelques échanges : un virement à faire, vite, avant la fermeture des guichets.

Ce scénario a un nom dans les fiches de Cybermalveillance.gouv.fr, la plateforme publique d'assistance aux victimes : « coucou maman, coucou papa ». Des vagues de ce même message circulent depuis fin 2022, identiques d'une région à l'autre, d'une famille à l'autre.

Trois ressorts, un seul but : empêcher de réfléchir

L'escroc mise sur l'affect parental, que la plateforme publique détaille bien dans ses fiches : le message semble venir de la personne à qui on tient le plus au monde, et la garde tombe d'elle-même. Il y ajoute l'urgence, un téléphone cassé, un forfait coupé, une carte SIM perdue, toujours une bonne raison de continuer d'échanger sur ce nouveau numéro plutôt que sur l'ancien. Et il compte surtout sur la banalité du geste suivant : glisser la conversation vers une messagerie comme WhatsApp est si courant que personne ne s'en méfie, jusqu'à ce qu'arrive la vraie demande, un virement ou l'achat de cartes cadeaux, toujours présenté comme pressé.

Pourquoi on y croit si vite

L'affect et l'urgence, combinés, désactivent exactement le réflexe qu'il faudrait garder allumé : vérifier avant d'agir. Ce n'est pas une question de crédulité. Un message qui semble venir d'un enfant en difficulté touche un point que personne n'a envie d'examiner froidement, et c'est justement ce point-là qui est visé.

Rien, dans les premiers échanges, ne ressemble à une arnaque : la conversation démarre par des banalités, presque comme d'habitude, et c'est précisément ce qui la rend efficace. La demande d'argent n'arrive jamais en ouverture. Elle arrive une fois la confiance réinstallée, quelques messages plus tard, quand il paraîtrait presque déplacé de douter tout à coup de la personne à qui l'on répond depuis dix minutes.

Le contre-geste qui coûte trente secondes

La vérification la plus simple ne demande ni technique ni compte à créer : mettre de côté la conversation en cours, et composer l'ancien numéro, celui que vous connaissiez déjà la veille. La police nationale des Hautes-Alpes, confrontée à une vague de plaintes sur ce même scénario, donne un second réflexe pour les cas où personne ne décroche : contacter un proche susceptible de se trouver avec la personne concernée, plutôt que de continuer à échanger avec le nouveau numéro.

Une question que seul le vrai proche saurait résoudre fonctionne tout aussi bien : un souvenir précis, le nom d'un lieu partagé, un détail que seule cette relation-là connaît. Un escroc pressé n'a ni le temps ni les moyens d'improviser une bonne réponse.

Cela ne veut pas dire qu'il faut soupçonner chaque proche qui change de numéro : cela arrive, pour de vraies raisons, à peu près à tout le monde un jour. La règle utile n'est pas de douter de la personne, elle est de vérifier le canal avant que l'argent, lui, ne parte pour de bon. Le mécanisme ne se limite d'ailleurs pas aux enfants : la même mécanique fonctionne avec un conjoint, un frère, une amie de toujours, dès qu'un nouveau numéro et une urgence se présentent ensemble.

Si le message vient d'arriver et qu'aucun argent n'a encore changé de main, il se signale simplement, par SMS gratuit au 33 700 ou sur le site Internet-signalement.gouv.fr. Ce signalement ne répare rien à lui seul, mais il aide les services concernés à repérer les vagues en cours et, parfois, à prévenir d'autres familles avant elles.

Un numéro inconnu n'efface pas la personne que vous aimez : il efface seulement votre capacité à vérifier que c'est bien elle.

Le vrai geste ne prend pas plus longtemps que de relire le message une seconde fois. Reposez le téléphone, composez le numéro que vous connaissiez déjà, pas celui du dernier SMS. Si la bonne voix répond, vous aurez perdu trente secondes pour rien. Si personne ne répond, vous saurez surtout qu'il ne fallait rien envoyer avant d'en être sûr.

Sujets : proches sms argent

Sources

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