Publié le 2026-07-25
Votre ordinateur serait infecté : faut-il vraiment appeler ce numéro ?
Sirène, écran bloqué, numéro à appeler « de toute urgence » : comment fonctionne l'arnaque au faux support technique, et le seul geste qui la stoppe net.
Vous naviguez tranquillement, et d'un coup, tout bascule. Une sirène retentit, l'écran se fige, un message rouge s'affiche en plein écran : « votre ordinateur est infecté », « ne fermez surtout pas cette fenêtre », et un numéro de téléphone à appeler « immédiatement ». Le cœur s'accélère. La première pensée, la plus naturelle du monde, c'est d'appeler ce numéro pour comprendre ce qui se passe.
Ce moment a un nom : l'arnaque au faux support technique. Et la première chose à savoir, c'est qu'aucune alerte de sécurité authentique, ni Windows, ni Apple, ni un antivirus, ne demande d'appeler un numéro de téléphone affiché sur une page web. Ce réflexe-là n'existe dans aucun vrai système d'exploitation. Il n'existe que dans les pages que des escrocs fabriquent pour vous faire croire le contraire.
Cette règle ne condamne pas toute assistance à distance : quand c'est vous qui appelez votre fournisseur d'accès ou le support d'un logiciel que vous utilisez, et que vous reconnaissez l'interlocuteur, l'accès à distance peut être parfaitement légitime. Ce qui change tout ici, c'est le sens de la démarche. Dans l'arnaque, c'est une page inconnue qui vous somme d'appeler, pas vous qui sollicitez une aide identifiée.
Une menace qui grimpe, pas un cas isolé
Cette arnaque n'a rien d'anecdotique. Cybermalveillance.gouv.fr, Microsoft et la section de lutte contre la cybercriminalité du Parquet de Paris ont uni leurs forces en 2025 pour alerter sur son ampleur : elle figure parmi les trois menaces cyber les plus fréquentes signalées par les particuliers en France. Rien qu'en 2024, la plateforme publique a recensé 136 500 consultations d'articles et 13 500 recherches d'assistance liées à ce seul type d'arnaque.
Côté justice, la section spécialisée du Parquet de Paris a enregistré 585 plaintes en 2023 pour un préjudice total évalué à 374 000 euros. Et les sommes en jeu grimpent : Jérôme Notin, directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr, constate que le préjudice financier pour les victimes s'élevait auparavant à plusieurs centaines d'euros, et qu'il peut désormais atteindre plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d'euros.
Un vrai problème technique ne vous met jamais la pression pour décrocher le téléphone dans la minute.
Ce qui se passe si vous appelez
Au bout du fil, un faux technicien, souvent très aimable, demande à installer un logiciel de prise en main à distance « pour réparer le problème ». Une fois cet accès obtenu, il fait mine de nettoyer l'appareil sous vos yeux, avant de réclamer un paiement : Cybermalveillance.gouv.fr rapporte des cas où la facture grimpe à 350 euros pour un « dépannage » et un contrat d'assistance, sur un ordinateur qui, au départ, n'avait strictement rien.
Ce que veulent ces escrocs tient en deux mots : l'accès, et le paiement. L'alerte n'est jamais un service rendu gratuitement par souci de votre sécurité, elle est la porte d'entrée vers une vente forcée que personne n'a demandée. Une étude Ifop commandée par Microsoft, menée dans le cadre de cette mobilisation, l'illustre à sa manière : seulement 16 % des personnes de 65 ans et plus savent précisément quels réflexes adopter face à une arnaque en ligne. Ce n'est pas un problème de vigilance individuelle, c'est un problème de mise en scène terriblement efficace.
Le seul geste qui compte : sortir, pas discuter
La bonne nouvelle, c'est que la sortie de secours est simple et ne coûte rien. Les touches Echap ou F11 suffisent en général à quitter le mode plein écran qui donne l'illusion d'un ordinateur bloqué. Si l'écran résiste, un redémarrage forcé de l'appareil referme tout net la page frauduleuse : elle n'a jamais eu de prise réelle sur votre machine, seulement sur votre navigateur.
- Ne jamais appeler le numéro affiché sur la page, quel que soit le logo qui l'accompagne.
- Quitter le plein écran avec Echap ou F11, ou redémarrer l'ordinateur si besoin.
- Si un accès à distance a déjà été donné : désinstaller le logiciel installé et changer ses mots de passe.
- Vider le cache du navigateur pour éviter que la page ne réapparaisse à la réouverture.
- Un paiement a déjà eu lieu ? Contacter sa banque et déposer plainte.
Un écran qui se met à hurler ne mérite ni votre carte bancaire ni votre numéro de téléphone : il mérite Echap, F11, ou un redémarrage. Le numéro affiché n'appartient à aucun technicien. L'urgence retombe toujours aussi vite qu'elle est montée.
Sources
- Comment faire face à l'arnaque au faux support technique ? (Cybermalveillance.gouv.fr) (cybermalveillance.gouv.fr)
- Microsoft et le Parquet de Paris se mobilisent contre le faux support technique (Cybermalveillance.gouv.fr) (cybermalveillance.gouv.fr)
- Recommandations à suivre en cas d'arnaque au faux support technique (Service-Public.fr) (service-public.gouv.fr)