Ce site est un site officiel de l’ODERSA. Voici comment le savoir
Le domaine officiel

L’adresse de ce site se termine par odersa.org. Chaque service de l’association vit sur un sous-domaine de odersa.org et nulle part ailleurs. Si l’adresse dans la barre de votre navigateur ne finit pas par odersa.org, ce site n’est pas le nôtre.

Gratuit, et sans compte

Tout est ouvert tout de suite. Aucune inscription, aucun compte, aucun mot de passe, aucun abonnement, aucune publicité. Rien n’est réservé à qui paie, puisque rien ne se paie.

Aucune donnée collectée

Ce site ne vous suit pas : ni mouchard, ni cookie de traçage, aucun outil de mesure embarqué dans ces pages, et rien de mesuré sur votre appareil. Notre hébergeur compte les passages de façon agrégée, comme tout serveur qui répond : un total, jamais un profil. Vous n’avez pas à nous croire : ouvrez les outils de développement de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez la page. Vous verrez la liste complète de ce que le site demande. Tout vient de odersa.org, rien ne part ailleurs.

Contenus libres

Les contenus sont publiés sous licence CC BY 4.0. Vous pouvez les copier, les traduire, les imprimer et les redistribuer, pour vos cours comme pour vos proches, à la seule condition de citer l’ODERSA.

FrançaisEnglishEspañolالعربيةहिन्दीবাংলা中文

← Retour au blog

Publié le 2026-07-25

Pourquoi la même série de chiffres raconte parfois une baisse, parfois une explosion ?


Deux personnes peuvent tracer la même donnée sur deux fenêtres de temps différentes et obtenir une pause d'un côté, une accélération de l'autre. Le choix des dates change toute l'histoire.

Deux personnes ouvrent le même relevé de températures mondiales. La première trace une courbe de 2015 à 2022 : la ligne est presque plate, on dirait que le réchauffement a marqué une pause. La seconde trace la même mesure, mais de 2011 à 2018 : la pente grimpe au rythme de 5,6 degrés par siècle, une accélération spectaculaire. Même thermomètre, même planète, même méthode de mesure. Ce qui a changé, ce sont seulement les deux dates choisies pour commencer et arrêter la courbe, une démonstration que les journalistes scientifiques du site Carbon Brief ont détaillée point par point.

Le tour repose sur un pic. En 2015 et 2016, un épisode El Niño particulièrement puissant avait fait grimper les températures à un niveau record, une variation naturelle bien identifiée par les climatologues. Commencer une courbe juste après ce sommet revient à comparer tout ce qui suit à un point exceptionnellement haut : la suite paraît forcément plate, parfois même en baisse. Commencer juste avant le même sommet produit l'effet inverse : la pente jusqu'au pic paraît vertigineuse. Dans les deux cas, aucun chiffre n'est inventé. Seule la fenêtre a changé de bornes. Et notre œil, lui, traite presque toujours le premier et le dernier point d'une courbe comme des repères fiables, sans se demander pourquoi la série s'arrête justement là.

Reculez, et le tour s'efface

Élargissez la période à toute la série disponible, sur plus de quarante ans, et la pause comme l'accélération se dissolvent dans une même tendance : des températures qui montent globalement, avec des hauts et des bas qui s'expliquent par des phénomènes bien identifiés (El Niño, La Niña, éruptions volcaniques), mais sans jamais s'arrêter durablement à l'échelle de plusieurs décennies. Aucune fenêtre courte ne remplace cette vue longue : elle seule distingue un vrai changement de trajectoire d'un simple soubresaut, celui qu'on oublie dès l'année suivante.

Le même tour, à toutes les échelles

Le procédé va parfois plus loin encore : comparer seulement deux points, sans aucune courbe entre les deux. Un message a ainsi circulé en affirmant que janvier 2023 avait été plus froid que janvier 1987, comme preuve que le climat ne se réchauffait pas. Le climatologue Andrew King, de l'université de Melbourne, a rappelé que la tendance de fond restait à la hausse malgré les variations de court terme. Son collègue Neville Nicholls, de l'université Monash, a expliqué que des épisodes La Niña récents avaient temporairement fait baisser les températures, sans effacer la tendance générale. Deux dates choisies loin l'une de l'autre, sans le reste de la série, suffisent à faire dire n'importe quoi à des chiffres pourtant exacts. Les mêmes relevés, regardés sur la durée, montrent un réchauffement des températures de surface d'environ 1,2 degré depuis la fin du dix-neuvième siècle, une hausse du niveau des mers de 21 à 24 centimètres depuis 1880, et une banquise arctique qui recule un peu plus chaque année : la tendance de fond, sur ce genre d'échelle, devient difficile à cacher derrière deux dates isolées.

Le même geste fonctionne pour à peu près n'importe quelle série de chiffres, bien loin des seuls relevés de température. Une équipe sportive qui vient d'enchaîner une mauvaise saison après plusieurs années exceptionnelles peut présenter ses résultats depuis sa meilleure saison pour parler de déclin, ou depuis sa pire saison pour parler de renouveau. Le classement n'a pas changé de ligne. Seule la case de départ, choisie avec soin, a changé de sens. Un budget, une fréquentation, un nombre d'abonnés : dès qu'une série s'étale sur plusieurs années, quelqu'un peut y trouver la fenêtre qui raconte l'histoire qu'il avait envie de raconter avant même d'ouvrir le tableau.

Une courbe commence toujours quelque part. La question est de savoir qui a choisi ce point de départ, et pourquoi.

Face à une courbe qui semble tout dire d'un coup d'œil, le geste le plus utile reste souvent le plus simple : reculer d'un pas, et regarder ce qu'il y a avant le premier point et après le dernier. La plupart du temps, l'histoire complète a moins de suspense que le morceau choisi. Elle a surtout le mérite d'être vraie.

Sujets : graphiques chiffres méthode

Sources

Raccourcis clavier

?Ouvrir cette aide
ÉchapFermer le panneau ou l'aide
1-3Choisir une réponse pendant le quiz
EntréeCas suivant, une fois la réponse lue
TabNaviguer de lien en lien : tout le site se parcourt au clavier