Ce site est un site officiel de l’ODERSA. Voici comment le savoir
Le domaine officiel

L’adresse de ce site se termine par odersa.org. Chaque service de l’association vit sur un sous-domaine de odersa.org et nulle part ailleurs. Si l’adresse dans la barre de votre navigateur ne finit pas par odersa.org, ce site n’est pas le nôtre.

Gratuit, et sans compte

Tout est ouvert tout de suite. Aucune inscription, aucun compte, aucun mot de passe, aucun abonnement, aucune publicité. Rien n’est réservé à qui paie, puisque rien ne se paie.

Aucune donnée collectée

Ce site ne vous suit pas : ni mouchard, ni cookie de traçage, aucun outil de mesure embarqué dans ces pages, et rien de mesuré sur votre appareil. Notre hébergeur compte les passages de façon agrégée, comme tout serveur qui répond : un total, jamais un profil. Vous n’avez pas à nous croire : ouvrez les outils de développement de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez la page. Vous verrez la liste complète de ce que le site demande. Tout vient de odersa.org, rien ne part ailleurs.

Contenus libres

Les contenus sont publiés sous licence CC BY 4.0. Vous pouvez les copier, les traduire, les imprimer et les redistribuer, pour vos cours comme pour vos proches, à la seule condition de citer l’ODERSA.

FrançaisEnglishEspañolالعربيةहिन्दीবাংলা中文

← Retour au blog

Publié le 2026-07-25

Retient-on vraiment moins bien un texte sur écran que sur papier ?


Plusieurs études convergent : la compréhension d'un texte informatif est en moyenne meilleure sur papier que sur écran. Voici ce que ça change concrètement, et quand l'écran suffit très bien.

Vous avez lu ce document PDF de dix pages sur votre téléphone la semaine dernière. Vous vous souvenez du sujet, vaguement de la conclusion, mais impossible de remettre la main sur ce passage précis qui vous avait pourtant marqué sur le moment. Avec un livre ou un dossier imprimé, ce genre de trou est moins fréquent. Ce n'est pas une impression : plusieurs équipes de recherche ont mesuré cet écart.

Ce que montre une grande synthèse d'études

En 2018, dans la revue Educational Research Review, les chercheurs Pablo Delgado, Cristina Vargas, Rakefet Ackerman et Ladislao Salmerón ont rassemblé 54 études menées entre 2000 et 2017, auprès d'environ 171 000 lecteurs au total, comparant la compréhension d'un même contenu lu sur papier ou sur écran. Leur conclusion : la compréhension est en moyenne meilleure sur papier. Mais cet écart ne concerne pas tous les textes de la même façon. Il apparaît nettement pour les textes informatifs et les textes mixtes ; il disparaît presque pour les textes purement narratifs, comme un roman ou une nouvelle. Autre détail notable de cette synthèse : l'écart entre papier et écran s'est creusé dans les études les plus récentes par rapport aux plus anciennes, alors même que les écrans se sont améliorés.

Cet écart reste une moyenne, pas une règle qui s'appliquerait à chaque lecteur ou chaque situation. Certaines personnes lisent aussi bien sur écran que sur papier, surtout quand elles y sont très entraînées. Mais le sens de la tendance, lui, est resté stable d'une étude à l'autre depuis vingt ans, ce qui en fait un signal plus solide qu'un résultat isolé.

La carte mentale que le papier offre

Une étude plus ancienne aide à comprendre pourquoi. En 2013, la chercheuse Anne Mangen et ses collègues, du centre de lecture de l'université de Stavanger en Norvège, ont réparti au hasard 72 élèves norvégiens d'une quinzaine d'années, en dixième année de scolarité, en deux groupes : l'un lisait un texte de fiction et un texte informatif sur papier, l'autre lisait exactement les mêmes textes en PDF sur un écran d'ordinateur. Le niveau de lecture de chacun avait été mesuré à l'avance, pour comparer des groupes équivalents. Résultat, sur les deux types de textes : le groupe papier a obtenu de meilleurs scores de compréhension que le groupe écran.

L'explication avancée par les chercheuses tient à la matérialité de l'objet. Un livre ou un dossier a un poids, une épaisseur, des pages qu'on tourne : le cerveau construit sans effort une sorte de carte spatiale du texte, il sait que ce passage important se trouvait plutôt vers le début, en bas d'une page. Cette mémoire des lieux aide à retrouver une information et à garder une vue d'ensemble. À l'écran, la position dans le texte se réduit à des indices abstraits, une barre de défilement, un numéro de page qui grimpe, bien moins ancrés dans une mémoire concrète.

Un livre garde la trace de l'endroit où vous avez lu quelque chose. Un écran ne garde qu'un chiffre qui monte.

Quand l'écran ne pose aucun problème

Il serait faux d'en conclure que l'écran abîme toute lecture. La synthèse de Delgado et ses collègues le rappelle : pour un texte narratif, une histoire qu'on suit du début à la fin sans avoir besoin d'y revenir sans cesse, la différence de compréhension entre papier et écran devient minime. Ce qui pèse surtout, c'est le défilement continu propre à beaucoup d'écrans, qui encourage une lecture plus rapide et plus superficielle, faite pour repérer l'essentiel plutôt que pour s'attarder. Un texte long, dense, ou qu'il faudra pouvoir retrouver précisément plus tard, profite davantage d'un support qui se feuillette qu'un support qui défile.

Le support n'est donc pas un détail de confort, c'est un outil qui façonne ce qu'on retient. La prochaine fois qu'un texte compte vraiment pour vous, la question à vous poser n'est pas seulement « qu'est-ce que je lis », mais aussi « sur quoi ».

Sujets : lecture mémoire attention

Sources

Raccourcis clavier

?Ouvrir cette aide
ÉchapFermer le panneau ou l'aide
1-3Choisir une réponse pendant le quiz
EntréeCas suivant, une fois la réponse lue
TabNaviguer de lien en lien : tout le site se parcourt au clavier