Chiffres trompeurs
30 cas dans cette catégorie
Facile
Que penser de ce chiffre de 87 % ?
Une publicité pour un gel énergisant annonce : « 87 % des utilisateurs ont trouvé plus d'énergie ! » En bas de la page, en tout petit : « Sondage auprès de 45 personnes ayant acheté le produit, 2024. »
- C'est déjà suspect : 45 personnes seulement, et ce sont les acheteurs — pas un vrai public témoin
- C'est fiable : 87 % c'est une large majorité
- C'est le bon calcul mathématique, donc le chiffre est juste
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La bonne réponse : C'est déjà suspect : 45 personnes seulement, et ce sont les acheteurs — pas un vrai public témoin
Les 45 personnes ne représentent personne : ce sont des gens qui ont déjà payé pour le produit et veulent justifier leur achat. Aucun groupe de contrôle, personne d'autre n'a testé pour comparer. Un pourcentage impressionnant sur une base minuscule et partisane vaut zéro. Le geste : qui a répondu ? Comment ont-ils été choisis ?
Réflexe(s) lié(s) : 1. Qui parle ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Le titre est-il juste ?
Un journal régional titre : « Les admissions aux urgences ont augmenté de 300 % en un mois ! » Le texte précise : « De 8 passages à 24 passages au mois de janvier comparé à décembre précédent. »
- Non, mathématiquement juste mais trompeur : c'est une hausse absolue minuscule en nombres bruts, et les urgences reçoivent 800-1000 cas par mois normalement
- Non, l'augmentation réelle est de 16 passages, pas de 300
- Oui, 8 à 24 c'est 300 % d'augmentation, c'est correct
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La bonne réponse : Non, mathématiquement juste mais trompeur : c'est une hausse absolue minuscule en nombres bruts, et les urgences reçoivent 800-1000 cas par mois normalement
Tripler un nombre tout petit reste un nombre tout petit. 8 à 24 passages dans un centre qui en gère 1000 par mois, c'est une variation normale de quelques jours. Le pourcentage d'évolution cache l'échelle réelle. Le bon geste : chercher le point de départ en nombres absolus, puis juger si la variation sort vraiment de l'ordinaire ou c'est du bruit.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 6. Trop beau pour être vrai ?
Pourquoi ce chiffre est-il trompeur seul ?
Une marque de boisson annonce : « Nos clients achètent en moyenne 4 fois par mois. » Vous rappelez-vous que dans ce groupe, certains achètent 20 fois par mois et d'autres une seule fois. La moyenne cache des mondes différents.
- Parce qu'il faudrait connaître le nombre total de clients
- Parce que 4 fois c'est beaucoup trop
- Parce que la moyenne cache l'écart : certains clients sont des super-acheteurs, d'autres des acheteurs rares. Le vrai chiffre intéressant est invisible.
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La bonne réponse : Parce que la moyenne cache l'écart : certains clients sont des super-acheteurs, d'autres des acheteurs rares. Le vrai chiffre intéressant est invisible.
Une moyenne de 4 fois peut représenter 1 000 clients qui achètent 4 fois ET 10 clients qui achètent 100 fois. Les chiffres au milieu cachent les extrêmes. La marque adore la moyenne parce qu'elle semble raisonnable. Le bon geste : demander la médiane (le chiffre du milieu qui coupe le groupe en deux) ou l'écart-type (le fossé entre les plus gros et les plus petits). Cela remet les pieds sur terre.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Que manque-t-il pour juger ce chiffre ?
Vous lisez : « La vente d'une marque de montres a augmenté de 150 % en trois ans. » Aucune date, aucun chiffre de départ. On ne sait pas si c'est passé de 2 montres à 5 montres ou de 1 million à 2,5 millions.
- Le taux de change des devises
- Les chiffres absolus de départ ET d'arrivée : sans eux, 150 % c'est juste du vent
- Le nom du fondateur de la marque
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La bonne réponse : Les chiffres absolus de départ ET d'arrivée : sans eux, 150 % c'est juste du vent
Un pourcentage sans contexte est une coquille vide. 150 % d'une base inconnue ne dit rien. Le bon geste : toujours chercher les chiffres bruts. Qu'y avait-il avant ? Qu'y a-t-il maintenant ? C'est avec ces deux chiffres qu'on peut juger si la hausse est réelle ou théâtrale.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 3. Quelle date ?
Quel piège visuel y a-t-il ?
Un graphique montre l'évolution de la température sur un mois. L'axe Y commence à 18 °C (alors que la plus basse est 19,5 °C) pour finir à 25 °C. Les variations entre les jours ont l'air gigantesques, avec des pics et des creux spectaculaires.
- Le graphique montre des variations réelles et impressionnantes
- L'axe Y ne commence pas à zéro : ça amplifie les petites variations et les rend dramatiques
- Il n'y a pas de problème, le graphique est correct
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La bonne réponse : L'axe Y ne commence pas à zéro : ça amplifie les petites variations et les rend dramatiques
En commençant l'axe à 18 °C au lieu de 0 °C, une variation de 2-3 degrés devient visuellement énorme. C'est une astuce classique pour rendre banal spectaculaire. Le lecteur voit des montagnes russes alors qu'il n'y a qu'une variation normale. Le bon geste : toujours regarder où commence l'axe et quelle est vraiment l'amplitude numérique, pas juste l'amplitude visuelle.
Réflexe(s) lié(s) : 4. L'image dit-elle ce qu'on prétend ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Que penser du chiffre du titre ?
Un article sur les accidents affirme : « 12 000 accidents de scooter ce mois-ci ! » En lisant plus loin : « C'est le cumul des trois derniers mois dans tout le pays. »
- 12 000 c'est le vrai chiffre, le titre est correct
- Le titre est juste mais l'article est inutile
- Le titre cache l'unité : il mélange un cumul de trois mois avec un titre parlant d'un seul mois
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La bonne réponse : Le titre cache l'unité : il mélange un cumul de trois mois avec un titre parlant d'un seul mois
Dire « ce mois-ci » quand on parle d'une moyenne sur trois mois trompe. Cela revient à diviser par trois (4 000 par mois réellement) mais le titre donne l'impression d'une urgence d'un seul mois. C'est une confusion délibérée entre cumul et chiffre ponctuel. Le bon geste : vérifier si le chiffre annoncé est annuel, mensuel, hebdomadaire, ou un cumul. Ce détail change tout.
Réflexe(s) lié(s) : 3. Quelle date ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Le chiffre de 20 % est-il utilisable ?
Un média annonce : « La criminalité a augmenté de 20 % dans la région centre-sud en 2024 ! » On découvre que les données incluent les cambriolages, les petits délits et les contraventions de parking non payées — tous mélangés.
- Non : il mélange des phénomènes différents. Une augmentation de contraventions n'est pas pareil qu'une augmentation d'agressions. Le chiffre embrouille plutôt qu'il n'éclaire.
- Oui, c'est un chiffre officiel
- Non, mais parce que c'est trop vieux
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La bonne réponse : Non : il mélange des phénomènes différents. Une augmentation de contraventions n'est pas pareil qu'une augmentation d'agressions. Le chiffre embrouille plutôt qu'il n'éclaire.
« Criminalité » est vague. Mettre ensemble les parkings mal payés, les cambriolages et les violences, puis donner une moyenne, c'est du mélange des genres. La vraie question : quoi a augmenté, exactement ? Le bon geste : demander la ventilation. Quel type d'infraction ? Sur quoi porte vraiment la hausse ? Sinon le chiffre global ne veut rien dire.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 2. Quelle source ?
Est-ce vraiment un « record historique » ?
Une startup annonce : « On a atteint un record : 500 000 téléchargements de notre app en trois mois ! » C'est sa troisième année d'existence. Sur ses trois années, les deux premiers trimestres avaient 50 000 et 100 000 téléchargements.
- Oui, techniquement, mais le record ne porte que sur trois ans — c'est court pour parler de « record historique » s'il y a juste une série de trois ans très jeune.
- Non, 500 000 c'est moins que le record réel qui est un million
- Oui, 500 000 c'est le plus grand chiffre jamais atteint pour cette app
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La bonne réponse : Oui, techniquement, mais le record ne porte que sur trois ans — c'est court pour parler de « record historique » s'il y a juste une série de trois ans très jeune.
Un « record » sur trois ans seulement, c'est marketing léger. Si l'app existe depuis dix ans avec une tendance plate puis ce pic, c'est un vrai record. Sur trois ans c'est juste une croissance normale. Le mot « historique » donne du poids à ce qui ne l'a pas. Le bon geste : chercher sur combien de temps porte le record. Un mois de hausse sur trois ans est-ce vraiment « historique » ? Non.
Réflexe(s) lié(s) : 3. Quelle date ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Pourquoi ce chiffre brut est-il difficile à juger ?
Un rapport d'ONG affirme : « 2,3 milliards de gens n'ont pas accès à de l'eau potable. C'est énorme ! » Aucun contexte sur la population mondiale, aucune comparaison.
- Parce qu'une ONG ne peut pas compter aussi haut
- Parce que 2,3 milliards c'est un très grand nombre, donc c'est un problème grave
- Parce que sans connaître la population mondiale (8 milliards), on ne sait pas si c'est 30 % ou 90 % — l'ampleur réelle reste floue
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La bonne réponse : Parce que sans connaître la population mondiale (8 milliards), on ne sait pas si c'est 30 % ou 90 % — l'ampleur réelle reste floue
Un chiffre brut sans échelle de comparaison flotte dans le vide. 2,3 milliards sur 8 milliards c'est 29 % : c'est une majorité qui a accès. C'est grave mais pas universel. Le chiffre seul dit « beaucoup » mais cache la proportion. Le bon geste : toujours chercher le dénominateur (le total). Quel pourcentage ça représente ? Par rapport à quoi ?
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 6. Trop beau pour être vrai ?
Comment deux journaux peuvent-ils dire l'opposé ?
Un journal écrit : « Le salaire médian a baissé de 3 % cette année. » Un autre journal simultanément : « Les salaires ont augmenté en moyenne de 2 % cette année. » Aucun des deux ne ment.
- Parce que l'année n'est pas finie pour l'un des journaux
- L'un des deux se trompe forcément
- Parce que le salaire « en moyenne » peut augmenter tandis que le salaire « médian » (le chiffre du milieu) baisse — les très hauts salaires peuvent monter beaucoup, tirant la moyenne vers le haut, tandis que la majorité gagne moins.
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La bonne réponse : Parce que le salaire « en moyenne » peut augmenter tandis que le salaire « médian » (le chiffre du milieu) baisse — les très hauts salaires peuvent monter beaucoup, tirant la moyenne vers le haut, tandis que la majorité gagne moins.
La moyenne et la médiane ne racontent pas la même histoire. Si les PDG gagnent 50 % plus, mais que 90 % des travailleurs gagnent 5 % moins, la moyenne monte (à cause des hauts salaires) mais la médiane baisse (la majorité gagne moins). C'est pourquoi on a besoin des deux. Le bon geste : lire « moyenne » ou « médian », ça change tout. Si c'est une moyenne, demander la médiane, et vice versa.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Moyen
Qu'est-ce qui cloche dans cette histoire de cause ?
Un article de presse annonce : « Étude : boire un verre de jus d'orange par jour réduit les rides de 45 % ! » En bas : « Une équipe de dermatologues a observé les habitudes de 1200 femmes pendant deux ans et mesuré les variations de leur peau. »
- L'étude a duré trop longtemps
- La corrélation observée (boire du jus d'orange et moins de rides) n'est pas forcément une causalité : les femmes qui mangent bien et boivent du jus boivent aussi de l'eau, utilisent peut-être du soin du visage, ou ont simplement des gènes favorables. On a mélangé les facteurs.
- Les données sont trop petites pour une si grande conclusion
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La bonne réponse : La corrélation observée (boire du jus d'orange et moins de rides) n'est pas forcément une causalité : les femmes qui mangent bien et boivent du jus boivent aussi de l'eau, utilisent peut-être du soin du visage, ou ont simplement des gènes favorables. On a mélangé les facteurs.
Voir ensemble deux choses — boire du jus et avoir moins de rides — n'explique pas qu'une chose cause l'autre. Les femmes qui choisissent de boire du jus sont peut-être aussi celles qui prennent soin de leur peau, dorment bien, vivent moins stressées. Le jus n'est qu'un détail dans ce qui est vraiment une vie plus saine. C'est la confusion classique corrélation-causalité. Le bon geste : chercher les variables cachées. Qu'est-ce d'autre pourrait expliquer le lien ?
Réflexe(s) lié(s) : 5. Qui d'autre le dit ? · 2. Quelle source ?
Quel piège méthodologique y a-t-il ?
Un chercheur publie : « 67 % des utilisateurs de réseaux sociaux se sentent plus seuls après une heure d'utilisation. » Il a interrogé les participants chaque soir et leur a demandé s'ils se sentaient seuls, après les avoir fait scroller une heure sur un réseau social.
- 67 % c'est pas assez pour généraliser
- Les gens qui acceptent de participer à l'étude acceptent aussi de scroller volontairement — ce n'est pas une utilisation normale. Et demander « vous vous sentez seul ? » juste après un test sur la solitude influence la réponse. La mesure du sentiment change le sentiment.
- L'étude ne dure qu'un soir
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La bonne réponse : Les gens qui acceptent de participer à l'étude acceptent aussi de scroller volontairement — ce n'est pas une utilisation normale. Et demander « vous vous sentez seul ? » juste après un test sur la solitude influence la réponse. La mesure du sentiment change le sentiment.
Un sondage où on demande « te sens-tu seul ? » après avoir fait croire que les réseaux sociaux rendent seul influence la réponse. C'est un cas de ce qu'on appelle un biais d'attente. En plus, une personne qui accepte de participer volontairement à une étude sur la solitude n'est pas le public normal. L'étude se ferme sur elle-même. Le bon geste : se demander comment était la vraie vie avant l'étude. Avaient-ils un terrain d'avant ? Comment sait-on que 67 % sont vraiment seuls ?
Réflexe(s) lié(s) : 3. Quelle date ? · 1. Qui parle ?
Pourquoi la baisse de 28 % ne signifie rien ?
Une mairie annonce : « La délinquance a baissé de 28 % cette année comparé à l'année passée ! » En cherchant, on découvre que l'année passée il y a eu une campagne majeure de constatations de fraude. Cette année, la police a reçu l'ordre de moins constater et plus de recommandations.
- Parce que 28 % c'est pas assez pour être fiable
- Parce qu'une année c'est pas assez de recul
- Parce qu'on a changé la façon de compter : on mesure moins les cas, pas que les cas ont disparu. La réalité du terrain a peut-être empiré, mais les statistiques baissent par pure définition.
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La bonne réponse : Parce qu'on a changé la façon de compter : on mesure moins les cas, pas que les cas ont disparu. La réalité du terrain a peut-être empiré, mais les statistiques baissent par pure définition.
Les chiffres officiels sont capturés par la façon de les capturer. Si je dis « on ne dénonce pas les petits vols », les petits vols disparaissent de mon comptage, mais pas du terrain. Cette mairie compte simplement moins. C'est un classique en sécurité et en santé : changer la façon de mesurer sans le dire. Le bon geste : chercher ce qui a changé dans la méthode. Qui remonte les cas ? Comment ont-ils reçu l'ordre d'agir ? Les cas réels ont-ils changé ou seulement les chiffres ?
Réflexe(s) lié(s) : 2. Quelle source ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Comment cette comparaison truque les résultats ?
Une publicité pour une batterie de téléphone clame : « Notre batterie dure 40 % plus longtemps ! » En lisant les conditions : « Comparé à un modèle de 2019 de marque X, mesuré avec l'écran éteint et le réseau désactivé. »
- Les conditions de test sont complètement irréalistes : personne n'utilise un téléphone avec l'écran éteint. Et comparer à un vieux modèle d'une marque concurrente en 2019 — c'est un cherry-picking. La vraie question : durée comparée à mon téléphone actuel, écran allumé, réseau normal.
- C'est juste : une batterie qui dure plus longtemps c'est une batterie meilleure
- La batterie ne peut pas vraiment durer 40 % plus longtemps
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La bonne réponse : Les conditions de test sont complètement irréalistes : personne n'utilise un téléphone avec l'écran éteint. Et comparer à un vieux modèle d'une marque concurrente en 2019 — c'est un cherry-picking. La vraie question : durée comparée à mon téléphone actuel, écran allumé, réseau normal.
Un fabricant cherche à rendre son chiffre aussi spectaculaire que possible. Il choisit l'adversaire le plus faible (2019, marque X), la condition la plus favorable (écran éteint) et sa meilleure heure du jour. On appelle ça du cherry-picking : cueillir les cerises favorables. Un test honnête comparerait au modèle précédent du même fabricant, écran allumé, usage normal. Le bon geste : lire les conditions de test en petit. Si elles sont bizarres ou favorables au vendeur, le chiffre ne signifie rien.
Réflexe(s) lié(s) : 7. Qu'est-ce que ça me vend ? · 2. Quelle source ?
Que conclure du chiffre de 200 % ?
Un rapport indique : « Les accidents liés à la nourriture en ville ont grimpé de 200 % en un an. » On consulte : la ville a créé un centre de déclaration des intoxications en 2024 qui rend la déclaration facile. Avant, les gens ne déclaraient pas.
- Il reflète surtout un changement de méthode de comptage : avant il était difficile de déclarer, maintenant c'est facile. Les accidents réels ont peut-être légèrement augmenté, mais surtout on les voit maintenant. Le chiffre ne dit pas ce qu'on pense qu'il dit.
- Il faudrait 300 % pour que ce soit un vrai problème
- Il y a vraiment 3 fois plus d'accidents
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La bonne réponse : Il reflète surtout un changement de méthode de comptage : avant il était difficile de déclarer, maintenant c'est facile. Les accidents réels ont peut-être légèrement augmenté, mais surtout on les voit maintenant. Le chiffre ne dit pas ce qu'on pense qu'il dit.
Ce qui monte c'est la visibilité, pas forcément le danger réel. Quand on rend facile de déclarer, les déclarations augmentent — c'est du pur effet de comptage. On appelle cela un artefact statistique. L'année d'avant, les gens se taisaient ou ne déclaraient pas. Le bon geste : chaque fois qu'un chiffre monte abruptement, chercher ce qui a changé dans la façon de compter avant de crier au problème. Y a-t-il eu une nouvelle loi ? Un nouvel outil ? Une campagne de sensibilisation ? Ça explique souvent 80 % de la hausse.
Réflexe(s) lié(s) : 2. Quelle source ? · 3. Quelle date ?
Ce chiffre prouve-t-il que les actifs de la ville sont mal payés ?
Une ville communique : « Le revenu médian de nos habitants n'est que de 1 200 € : nous sommes une ville pauvre ! » Le chiffre vient des déclarations d'impôts, toutes situations confondues : salariés, indépendants, mais aussi beaucoup d'étudiants et de retraités, dont les revenus sont naturellement plus bas.
- Oui, 1 200 € c'est une preuve claire de pauvreté
- Non, c'est parce que la ville est trop petite
- Non : le chiffre mélange des situations très différentes. Étudiants et retraités tirent la médiane vers le bas ; ça ne dit rien du salaire des actifs. Le bon geste : comparer ce qui est comparable, le salaire des salariés entre eux.
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La bonne réponse : Non : le chiffre mélange des situations très différentes. Étudiants et retraités tirent la médiane vers le bas ; ça ne dit rien du salaire des actifs. Le bon geste : comparer ce qui est comparable, le salaire des salariés entre eux.
Mettre dans le même panier salariés, indépendants, étudiants et retraités, puis sortir une médiane, c'est mélanger des situations qui n'ont rien à voir. Une bourse ou une pension n'est pas un salaire. Le chiffre global caricature la réalité. Le bon geste : demander une comparaison à périmètre égal - mêmes métiers, mêmes âges, même type de revenu - sinon le chiffre ne dit pas ce qu'on croit.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 2. Quelle source ?
Que penser de ce chiffre de 6 % ?
Un journal affirme : « Les revenus des Français ont augmenté en moyenne de 6 % en dix ans. » On découvre que le chiffre inclut une forte inflation : le pouvoir d'achat réel n'a presque pas augmenté, voire baissé pour les bas revenus.
- 6 % c'est très peu pour dix ans
- C'est techniquement vrai mais trompeur : si l'inflation a mangé 5 % de la hausse, l'augmentation réelle du pouvoir d'achat n'est que 1 %. Le chiffre nominal (avant inflation) flatte ; le chiffre réel (après inflation) compte.
- C'est une bonne nouvelle : 6 % sur dix ans c'est du progrès
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La bonne réponse : C'est techniquement vrai mais trompeur : si l'inflation a mangé 5 % de la hausse, l'augmentation réelle du pouvoir d'achat n'est que 1 %. Le chiffre nominal (avant inflation) flatte ; le chiffre réel (après inflation) compte.
Les statistiques nominales (en euros du moment) peuvent monter pendant que les statistiques réelles (pouvoir d'achat) stagnent ou baissent. C'est une astuce à la mode : montrer des chiffres qui brillent sur le papier mais qui pèsent moins dans la poche. Pendant ce temps, les gens se sentent plus pauvres, et ils ont raison en termes réels. Le bon geste : toujours demander le chiffre réel, ajusté pour l'inflation. Et si on ne la mentionne pas, c'est le signe que le chiffre réel serait sans doute moins flatteur.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 7. Qu'est-ce que ça me vend ?
Comment ce chiffre de 10 fois ment-il ?
Une start-up annonce : « On a grandi 10 fois en trois ans ! » Aucune autre donnée. On découvre qu'en année 1 elle avait 2 clients, en année 2 elle en a 15, en année 3 elle en a 20 — presque pas de croissance cette année. Le « 10 fois » vient d'une comparaison année 1 vs année 3, qui gonfle artificiellement les deux.
- Il ne ment pas, c'est mathématiquement vrai
- Il est vrai en chiffre absolu mais il cache la vraie histoire : toute la croissance vient de l'année 1 à 2, l'année 3 c'est du plat. Dire « 10 fois en trois ans » dramatise une pente qui tourne au ralenti. Le bon geste : voir la courbe annuelle, pas seulement le ratio début-fin.
- 10 fois c'est trop pour être vrai
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La bonne réponse : Il est vrai en chiffre absolu mais il cache la vraie histoire : toute la croissance vient de l'année 1 à 2, l'année 3 c'est du plat. Dire « 10 fois en trois ans » dramatise une pente qui tourne au ralenti. Le bon geste : voir la courbe annuelle, pas seulement le ratio début-fin.
Un ratio début-fin gonfle : partir de 2, arriver à 20, c'est spectaculaire. Mais si la vraie histoire c'est 2 → 15 → 20, ça veut dire que la croissance s'essouffle. Une boîte qui ralentit en année 3 après un sprint en année 1 n'a pas la même allure qu'une boîte qui grandit régulièrement. Le bon geste : exiger la ventilation par année, pas seulement le ratio début-fin.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 3. Quelle date ?
Les deux affirmations peuvent-elles être vraies en même temps ?
Un article de sport affirme : « Les joueurs suivis par l'entraîneur A gagnent 20 % de matchs de moins que ceux de l'entraîneur B : A est un mauvais coach ! » Une autre source précise : « À niveau égal, les deux entraîneurs obtiennent d'aussi bons résultats. » En fait, A s'occupe surtout des débutants, B des joueurs confirmés.
- Non, l'une des deux se trompe forcément
- 20 % et « d'aussi bons résultats » ne peuvent pas coexister
- Oui : si A entraîne surtout des débutants et B des joueurs confirmés, l'écart de 20 % reflète le niveau de départ des joueurs, pas le talent des coachs. C'est un mélange de groupes différents.
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La bonne réponse : Oui : si A entraîne surtout des débutants et B des joueurs confirmés, l'écart de 20 % reflète le niveau de départ des joueurs, pas le talent des coachs. C'est un mélange de groupes différents.
Le pire piège de la comparaison : les groupes ne sont pas identiques. Les joueurs de A sont surtout des débutants (qui gagnent moins, forcément), ceux de B des confirmés (qui gagnent plus). Quand on mélange, l'écart de 20 % devient un artefact : il mesure le niveau des joueurs, pas le talent de l'entraîneur. À niveau égal, les deux se valent. On appelle cela un biais de confusion. Le bon geste : dans chaque comparaison, chercher ce qui distingue les groupes (âge, niveau, point de départ). Sinon le chiffre est empoisonné.
Réflexe(s) lié(s) : 2. Quelle source ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Que conclure de ce chiffre de 87 % ?
Une source affirme : « Un chercheur a trouvé qu'une substance naturelle X combat le cancer à 87 % d'efficacité ! » Vous lisez le papier originel : l'étude porte sur 34 souris en laboratoire, pas sur des humains.
- C'est une bonne nouvelle, il y a de l'espoir
- 87 % c'est suspicieusement élevé
- C'est un résultat de laboratoire qui peut être un début prometteur, mais passer d'une souris à un humain, c'est des mondes différents. Le chiffre ne parle que de souris ; extrapoler aux humains est un énorme saut. Le bon geste : comprendre le contexte d'étude. Animaux ou humains ? Laboratoire ou vraie vie ?
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La bonne réponse : C'est un résultat de laboratoire qui peut être un début prometteur, mais passer d'une souris à un humain, c'est des mondes différents. Le chiffre ne parle que de souris ; extrapoler aux humains est un énorme saut. Le bon geste : comprendre le contexte d'étude. Animaux ou humains ? Laboratoire ou vraie vie ?
Les résultats de laboratoire sur des animaux sont importants pour explorer des pistes, mais ils ne transposent presque jamais tel quel aux humains. Notre corps est une machine bien plus complexe ; ce qui marche en tube à essai peut être inefficace, voire toxique, chez la personne. C'est pourquoi il y a des essais cliniques : pour vérifier ce qui tient. Le bon geste : chercher à quel stade en est la recherche. Laboratoire ? Animaux ? Humains ? Les chiffres changent complètement de sens selon l'étape.
Réflexe(s) lié(s) : 2. Quelle source ? · 8. L'expert est-il vraiment expert ?
Coriace
Est-ce vraiment une explosion ?
Un institut de sondage annonce : « Les signalements de malveillance en ligne ont explosé : +89 % en trois ans ! » On cherche les chiffres absolus : le site a reçu 4 signalements en 2022, 6 en 2023, 7 en 2024. Personne d'autre ne rapporte cette explosion.
- Non, parce que le sondage est en ligne
- Non : passer de 4 à 7 cas est une minuscule variation à peine visible. Sur une vraie base de milliers, on n'en parlerait pas. Le pourcentage impressionnant cache que la base était si petite qu'ajouter trois cas suffit à tripler.
- Oui, 89 % c'est colossal
Voir la réponse et l'explication
La bonne réponse : Non : passer de 4 à 7 cas est une minuscule variation à peine visible. Sur une vraie base de milliers, on n'en parlerait pas. Le pourcentage impressionnant cache que la base était si petite qu'ajouter trois cas suffit à tripler.
Un pourcentage spectaculaire sur une base minuscule vaut peu. 89 % sur 4 cas = 3,5 cas supplémentaires. Passer de 4 à 7 n'est pas une explosion, c'est du bruit statistique. Sur une base de 4000 et passage à 7560, c'est une vraie hausse. Le bon geste : toujours chercher les chiffres bruts d'abord. Si la base est minuscule, le pourcentage ne raconte rien.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Pourquoi cette moyenne est-elle trompeuse ?
Une école annonce : « L'âge moyen de nos étudiants en insertion est 31 ans — parfait pour nos formations continue et alternance ! » En réalité, le groupe compte 200 étudiants : 80 ont entre 16 et 24 ans, 120 ont entre 45 et 60 ans.
- Parce que les vrais étudiants sont plus jeunes qu'avant
- Parce qu'aucun étudiant n'a 31 ans : elle masque deux populations radicalement différentes (jeunes insertion, seniors reconversion). La moyenne de 31 invente un fantôme. C'est une vraie bimodalité.
- Parce que 31 ans c'est trop vieux pour l'université
Voir la réponse et l'explication
La bonne réponse : Parce qu'aucun étudiant n'a 31 ans : elle masque deux populations radicalement différentes (jeunes insertion, seniors reconversion). La moyenne de 31 invente un fantôme. C'est une vraie bimodalité.
Une moyenne sur deux groupes éloignés crée une fausse personne au milieu. L'école compte surtout des très jeunes et des retraités, mais la moyenne dit « classe d'âge intermédiaire ». C'est un piège classique dans les ressources humaines et le marketing démographique. Le bon geste : demander la médiane (le milieu qui coupe en deux) et la distribution par tranche. Cela dit la vraie histoire.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Peut-on conclure qu'étudier tard FAIT réussir ?
Un journal titre : « Études le soir = meilleure note. Plus les étudiants étudient après 20h, plus ils réussissent ! » Le chiffre vient d'une vraie corrélation observée : ceux qui travaillent tard ont en moyenne 2 points de plus.
- Oui, la corrélation est chiffrée et réelle
- Non, parce que les notes ne changent jamais
- Non : la corrélation est vraie mais c'est un piège causalité. Les bons étudiants révisent plus (y compris tard). Le soir tardif n'est qu'une trace de leur sérieux. Supprimer le sommeil pour étudier tard aurait l'effet inverse.
Voir la réponse et l'explication
La bonne réponse : Non : la corrélation est vraie mais c'est un piège causalité. Les bons étudiants révisent plus (y compris tard). Le soir tardif n'est qu'une trace de leur sérieux. Supprimer le sommeil pour étudier tard aurait l'effet inverse.
Voir deux choses ensemble (tard+notes) ne dit pas qu'une cause l'autre. Les bons étudiants travailleurs étudient plus, y compris tard, et y compris à d'autres heures saines. L'heure tardive n'est qu'un symptôme du travail, pas la cause du succès. C'est l'erreur classique : confondre corrélation et causalité. Le bon geste : toujours chercher la variable cachée (ici : le sérieux, la discipline). Qu'est-ce d'autre pourrait expliquer le lien ?
Réflexe(s) lié(s) : 5. Qui d'autre le dit ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
La croissance est-elle vraiment exponentielle ?
Un graphique de croissance d'audience montre une courbe qui monte en flèche spectaculaire. Les points sont : 10 (année 1), 32 (année 2), 1000 (année 3). L'axe Y est logarithmique, ce qui n'est écrit nulle part.
- Impossible à dire sans lire l'axe : si l'axe est logarithmique, on voit une droite (croissance stable en pourcentage), pas une exponentielle. Si c'est une échelle normale, c'est exponentiel. Lire l'axe est crucial et il manque ici.
- Oui, la courbe est spectaculaire
- Non, 1000 c'est peu
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La bonne réponse : Impossible à dire sans lire l'axe : si l'axe est logarithmique, on voit une droite (croissance stable en pourcentage), pas une exponentielle. Si c'est une échelle normale, c'est exponentiel. Lire l'axe est crucial et il manque ici.
Une échelle logarithmique écrase les hauts chiffres. La même courbe en log paraît lisse ; en linéaire elle paraît explosive. C'est une astuce de présentation : rendre banal spectaculaire (ou l'inverse). Ce graphique est peut-être honnête, mais il cache la clé de lecture. Le bon geste : toujours vérifier si l'axe Y est linéaire ou log. Et si le présentateur oublie de le dire, c'est souvent volontaire.
Réflexe(s) lié(s) : 4. L'image dit-elle ce qu'on prétend ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Faut-il s'alarmer ?
Une chaîne de santé annonce : « Le risque d'un effet indésirable rare de ce médicament a DOUBLÉ : il est passé de 0,001 % à 0,002 %. » Le titre : « Risque multiplié par deux — attention ! »
- Non : c'est un piège risque relatif vs risque absolu. Doubler un risque infinitésimal (0,002 % = 1 personne sur 50 000) reste infinitésimal. Le titre dramatise en parlant de ratio alors qu'il faudrait dire : « un cas supplémentaire pour 50 000 doses ».
- Non, parce qu'aucun risque n'est acceptable
- Oui, un risque qui double c'est grave
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La bonne réponse : Non : c'est un piège risque relatif vs risque absolu. Doubler un risque infinitésimal (0,002 % = 1 personne sur 50 000) reste infinitésimal. Le titre dramatise en parlant de ratio alors qu'il faudrait dire : « un cas supplémentaire pour 50 000 doses ».
Dire « le risque a doublé » rend dramatique. Dire « il passe de 1 pour 100 000 à 2 pour 100 000 » rend clair. Les deux sont vrais mais révèlent différemment. C'est un classique du marketing de la peur : amplifier le ratio tout en cachant l'ampleur réelle. C'est aussi honnête d'un point de vue maths mais profondément trompeur. Le bon geste : toujours exiger le risque en nombres absolus, pas en ratio. Quel nombre de gens vraiment affectés sur combien ?
Réflexe(s) lié(s) : 6. Trop beau pour être vrai ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Comment expliquer ce fossé ?
Un sondage de marché annonce : « 73 % des Français seraient prêts à acheter une marque écoresponsable même si elle coûte 15 % plus cher. » Le sondage est méthodologiquement correct. Cependant, en magasin, les produits écolabellisés du même type ne capturent que 8 % des ventes.
- Les 73 % doivent acheter ailleurs
- Le sondage ment, les gens n'achètent vraiment que pour le prix
- Le sondage dit une intention (« je serais prêt ») mais l'acte est différent : à la caisse, les gens choisissent le moins cher. C'est l'écart classique entre ce qu'on dit vouloir et ce qu'on fait vraiment.
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La bonne réponse : Le sondage dit une intention (« je serais prêt ») mais l'acte est différent : à la caisse, les gens choisissent le moins cher. C'est l'écart classique entre ce qu'on dit vouloir et ce qu'on fait vraiment.
Dire « je payerais plus cher pour la vertu » est facile. Vraiment payer plus cher quand ça pèse sur le budget mensuel en est une autre. C'est la faiblesse classique des sondages : ils mesurent les intentions déclarées, pas les comportements réels. La vie est rude ; les valeurs plient souvent sous le poids du portefeuille. Le bon geste : méfiance vis-à-vis des sondages « souhaiteriez-vous ». Chercher le comportement réel : qu'achètent réellement les gens ? Quel prix paient-ils vraiment ?
Réflexe(s) lié(s) : 1. Qui parle ? · 6. Trop beau pour être vrai ?
Cette comparaison est-elle valide ?
Une association de chercheurs compare deux régions : « La région A a 45 % de sa population diplômée du supérieur, la région B seulement 28 %. Le fossé éducatif est énorme ! » Plus tard, on apprend que A est une grande agglomération urbaine, B est rurale. Les définitions d'« habitants » incluent ou excluent les étudiants selon les années.
- Non, parce que les moyennes ne changent jamais
- Non : les périmètres sont radicalement différents (urbain vs rural, population fluctuante vs stable). Comparer sans aligner la méthode, c'est comparer des chiffres différents. Il faudrait le même périmètre, même définition des habitants, mêmes tranches d'âge.
- Oui, 45 % vs 28 % c'est un fossé réel
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La bonne réponse : Non : les périmètres sont radicalement différents (urbain vs rural, population fluctuante vs stable). Comparer sans aligner la méthode, c'est comparer des chiffres différents. Il faudrait le même périmètre, même définition des habitants, mêmes tranches d'âge.
Deux régions avec des géographies, des économies et des démographies opposées ne se comparent pas sur un ratio brut. C'est du bruit. Il faudrait contrôler : même tranche d'âge, même définition, même année de mesure, peut-être même peser par secteur d'emploi. La région A attire les jeunes urbains diplômés ; la région B a une population plus âgée. C'est normal mais inégale. Le bon geste : avant toute comparaison « A vs B », vérifier qu'on mesure exactement la même chose. Si les périmètres diffèrent, le chiffre comparatif vaut zéro.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 2. Quelle source ?
Le titre pèche par quoi ?
Un média annonce en titre : « 17 000 cas de ce syndrome depuis le début de la décennie ! » À la lecture : c'est 2017-2026, soit neuf ans. Les cas sont distribués régulièrement. En réalité : ~1890 cas par an, soit environ 5 par jour à l'échelle du pays.
- C'est un nombre inventé, 17 000 c'est trop haut
- Le titre cache l'unité : il cumule neuf ans en une seule phrase alarmante. 17 000 semble une urgence. « 1900 par an » ou « 5 par jour » raconte une histoire bien différente — banal, prévisible, maîtrisé.
- 17 000 sur neuf ans c'est peu finalement
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La bonne réponse : Le titre cache l'unité : il cumule neuf ans en une seule phrase alarmante. 17 000 semble une urgence. « 1900 par an » ou « 5 par jour » raconte une histoire bien différente — banal, prévisible, maîtrisé.
Additionner des chiffres annuels crée un chiffre impressionnant. 17 000 sur neuf ans = 1900/an. En le présentant comme un cumul sans le dire, on vend de l'urgence alors que c'est régulier. C'est un piège classique en santé, en criminalité, en accidents : cumuler sans diviser fait peur artificiellement. Le bon geste : toujours vérifier sur quelle période porte un grand chiffre. Est-ce un an, dix ans, un mois ? Diviser systématiquement par le nombre de périodes pour voir le rythme réel.
Réflexe(s) lié(s) : 9. Le chiffre a-t-il un contexte ? · 3. Quelle date ?
Pourquoi « record historique » exagère ici ?
Un économiste sort une note : « 2024 : record historique de croissance en territoire X ! » On regarde les données disponibles : elles remontent à 2022. Les valeurs sont 2022 : 3,1 %, 2023 : 2,8 %, 2024 : 3,4 %. C'est effectivement le plus haut, mais sur trois années seulement.
- Parce que 3,4 % c'est peu
- Parce que la croissance va redescendre
- Parce qu'un « record » sur trois ans d'historique n'est pas un vrai record. Si les données remontent à 1995, et 2024 est le plus haut en trois décennies, c'est un record. Ici c'est juste le pic sur une série trop courte pour parler d'« historique ».
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La bonne réponse : Parce qu'un « record » sur trois ans d'historique n'est pas un vrai record. Si les données remontent à 1995, et 2024 est le plus haut en trois décennies, c'est un record. Ici c'est juste le pic sur une série trop courte pour parler d'« historique ».
Le mot « historique » demande de la profondeur temporelle. Un record sur trois ans est juste une variation. Sur trente ans, c'est un vrai record. Ce cas est classique en finance et économie : les vendeurs crient au record sur la période qu'ils connaissent. Le bon geste : toujours chercher l'historique réel. Remonte-t-il à dix ans ? Cent ans ? Trois ans seulement ? Plus la série est courte, moins le mot « record » a de poids.
Réflexe(s) lié(s) : 3. Quelle date ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?
Ce chiffre est-il fiable pour faire des conclusions ?
Une agence gouvernementale publie : « Selon l'enquête annuelle auprès de 8500 ménages (marge d'erreur ± 1,2 %), le taux de pauvreté relative en 2024 est 13,7 %, en hausse de 0,8 points comparé à 2023. Méthodologie : enquête d'un institut national de statistique, champ : territoire national. »
- Non, parce que c'est du gouvernement — c'est biaisé
- Non, parce que 13,7 % ça paraît rond
- Oui, largement : échantillon correct, source réputée, marge d'erreur déclarée, méthodologie transparente, périmètre clair, comparaison temporelle valide. C'est le bon chiffre, bien cadré.
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La bonne réponse : Oui, largement : échantillon correct, source réputée, marge d'erreur déclarée, méthodologie transparente, périmètre clair, comparaison temporelle valide. C'est le bon chiffre, bien cadré.
Ce cas est le contraire des neuf précédents : un chiffre solide. Source tracée, méthodologie ouverte, limitation (marge d'erreur) honnêtement affichée, définition claire (pauvreté relative, territoire national). On peut s'y fier et l'utiliser pour des décisions. Pas tous les chiffres sont pièges ; celui-ci est fait pour être utilisé. Le bon geste : apprendre à reconnaître les chiffres bien présentés. Source réputée + méthodologie visible + limites affichées = ok de l'utiliser.
Réflexe(s) lié(s) : 2. Quelle source ? · 9. Le chiffre a-t-il un contexte ?